A propos de la disparition d’Edgar Morin

Vailland et Morin, frères d’armes…

 

Roger Vailland et Edgar Morin se rencontrent en 1942 Chez Antoinette, un restaurant de Lyon, ville  où se sont repliées une partie de l’intelligentsia antinazie et la presse libre de l’époque.  Cette rencontre se réalise par l’intermédiaire de Jacques-Francis Rolland, membre comme son ami Morin du PCF et du Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés (MNPGD). Rolland est  beaucoup plus jeune que Vailland, qui entretient avec lui  des relations quasi paternelles. Rolland intéresse Vailland qui voit en lui celui qui peut l’aider, en tant que membre des Jeunesses Communistes, à le faire adhérer au PCF en contournant le veto d’Aragon et de ses proches, dont le rejet de Vailland était autant constitué de rancœurs issues de la période surréaliste que de craintes liées à la réputation sulfureuse de Vailland.

Morin, dont le Mouvement (le MNPGD) collectait des informations sur la circulation des trains, n’avait pas la capacité de transmettre celles-ci à Londres. C’est par Vailland et son réseau Mithridate, qui avait les liaisons radios indispensables, qu’il pouvait y parvenir. Vailland et Morin ont donc contribué à faire dérailler des convois allemands.

Cependant Morin avait moins d’admiration que son ami Rolland pour l’aventurier, l’amateur de prostituées et de cocaïne, même s’il reconnait avoir suivi Vailland dans quelques maisons closes lyonnaises.  

Morin a des mots plutôt durs sur ce qu’est devenu Vailland à l’issue de cette époque : « un de ces sceptiques et cyniques qui se transforment en croyants exaltés, qui devient avec la Guerre Froide fanatique et idolâtre ».

Leur dernière rencontre, fortuite et tragicomique, se déroule dans un restaurant parisien où Vailland, déjà très malade, est attablé avec son épouse et Florence Malraux. Vailland voit entrer Morin et s’exclame « La Mort, La Mort ! ». Interloqué, Morin pense qu’il évoque sa propre mort. « Tu as écrit un très beau livre sur la mort ! » lui précise Vailland. « Tout le monde en fut rasséréné » ajoute Morin.

 

Sources :

Yves Courrière : Roger Vailland ou le libertin au regard froid – Plon

Edgar Morin : Les souvenirs viennent à ma rencontre – Fayard

Roger Vailland, un écrivain en action, film de Cécile Clairval-Milhaud

Photo Yves Neyrolles

Les 15 et 16 novembre 2024 se sont tenues, à Bourg-en-Bresse, les rencontres Roger Vailland : ROGER VAILLAND ET L’AIN, DE LA RÉSISTANCE À L’ÉCRITURE

L’essentiel de ces rencontres en images  (photos et commentaires d’Yves Neyrolles)

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Les textes des communications seront inclus dans les prochains Cahier Vailland (n° 42) qui paraitront en Novembre 2025

 

 

 

Michelle Coltice lit un poème de Madeleine Riffaud

Les intervenants de la Table Ronde « L’Ain, Terre de résistance ». Bernard Micheletti, Rémi Riche, Michel Cottet-Aymard, Dominique Erster, Clément Sigalas. Animateur de cette Table Ronde : Didier Pobel.

Yvonne Grollet évoque la vie à la ferme de ses parents à Chavannes-sur-Reyssouze, pendant l’occupation. Elle avait 5 ans et se souvient, encore aujourd’hui, d’avoir été frappée par le regard singulier d’un homme qui venait chez eux, le soir, pour écouter Radio-Londres. C’était Roger Vailland.

Fanny Venuti de la Médiathèque Elisabeth et Roger Vailland présente le fonds Vailland et la façon dont elle sensibilise le jeune public à la lecture des œuvres de l’écrivain à partir de documents tirés de ce fonds.

Les intervenants de la Table ronde « Du journalisme et de la poésie à la Résistance : René Leynaud, Francis Ponge ». Animateur Didier Pobelel